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Fancy Free, a real man Coktail

« The Fancy Free is a true gentleman’s drink, prepared in the style of the Old Fashioned family tree of cocktails. It’s one of my personal favourites, taken from Ted Saucier’s much-referenced mixology book, Bottom’s Up (1951). Although no longer in print, I recommend getting your hands on a copy. Not only are the recipes great, but they are illustrated with pictures of scantily-clad ladies in some form of cocktail erotica, reminiscent of Alberto Vargas’ drawings from classic 1950s Playboy magazines. A great book for a collector. »

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Roxane !

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Strellson & Bianchi

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Destin – Adélaïde

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Extrait de la compilation Kistuné Parisien

Mode

Savile Row

Extrait de Polka Magazine

Pour beaucoup ce nom n’évoque pas grand chose si ce n’est celui d’une (toute) petite rue plutôt (très) tranquille du quartier (très) chic et (très) cher de Mayfair à Londres. Le genre de coin, non loin de Westminster, de Buckingham Palace  et de Piccadilly Circus, où il est impossible de circuler gratuitement, de se garer et encore plus de se loger décemment à moins de 5000 £ par mois. Un quartier d’à peine plus d’un kilomètre carré que les habitués (les affranchis ?) appellent le « golden mile ».

Pour ces derniers – et ils sont nombreux et quasi exclusivement masculins – SAVILE ROW c’est La Mecque ou St Jacques de Compostelle. Le toit du monde, leur Everest à eux, une sorte de Nirvana stylistique qui fait rêver, depuis plus de 200 ans  tout ce que la planète compte d’hommes en quête d’élégance discrète et immaculée.

A l’heure où James Sherwood, journaliste, créateur de l’exposition « the London Cut » (consacrée à Savile Row) et plume prolixe du (petit) monde du style masculin vient tout juste de nous livrer le flamboyant « Savile Row, Les maîtres tailleurs du sur-mesure britannique » (en édition française chez L’Editeur,) force est de constater que le golden mile, LA rue la plus célèbre au monde en matière d’élégance masculine, est encore l’objet de toutes les envies voire de tous les fantasmes.

L’inénarrable Oscar Wilde a dit un jour que « la mode était une forme de laideur tellement insupportable, qu’il nous fallait la changer tous les 6 mois ». Sur Savile Row, il n’est bien sur pas question de mode de masse fugace et passagère mais bien de style intemporel et d’élégance personnelle discrète.

Il faut dire que ce kilomètre carré, sur lequel un étonnant silence feutré règne même à l’extérieur des augustes maisons de couture, est unique, car il regroupe la plus grande concentration au monde de tailleurs sur-mesure de grande tradition.

Pour vous donner une idée du magnétisme de l’endroit, s’il est de coutume de dire que les anglais s’habillent aussi bien que nous mangeons., alors imaginez une petite rue à Paris, dans laquelle 80% des grands chefs étoilés du guide Michelin seraient concentrés…

« J’ai toujours trouvé le terme « luxe » un peu désagréable – nous confie James Sherwood, car il a, pour moi,  forts relents d’ostentation vulgaireLe « luxe » est devenu un terme général derrière lequel vous pouvez mettre aujourd’hui à peu près n’importe quoi. Prenez un objet un peu patiné, couvrez le en plaqué or, entourez le de vison, et appelez cela du luxe. Le luxe, c’est très exactement l’antithèse du Bespoke, qui est l’incarnation de la discrétion, de la douceur et d’une certaine confiance en soi sereine »…

Le Bespoke ? Généralement traduit par « grande mesure » en français, le terme Bespoke décrit le sommet de l’art vestimentaire masculin, ce que la haute couture est à la femme : la création de pièces uniques.

Mais à la différence de la haute couture féminine, ces costumes ou ces manteaux masculins d’exception ne sont pas créés à la faveur de défilés clinquants et ne sont pas destinés à être portés par des mannequins irréels sous les crépitements hystériques d’appareils photos.

Un vêtement Bespoke est, à l’inverse, créé dans l’intimité d’un salon feutré dans lequel vous (le client donc) aurez longuement discuté (d’où le terme « bespoke ») de votre prochain costume et de tous ses détails avec votre maître tailleur. Et le mot « détail » prend, dans cette petite rue londonienne, une dimension quasi surnaturelle puisque dans toutes les maisons du Row, chaque « inch » de votre costume sera longuement discuté et choisi par et avec vous : le tissu bien sûr, mais aussi, la taille et la forme des revers, le type d’emmanchure, le type de montage des épaules (plus ou moins structurées en fonction de votre morphologie), le nombre et le positionnement des boutons, les broderies spécifiques, les boutonnières et la liste est quasiment infinie…

Il s’agit, donc, pour faire simple, de la réalisation entièrement à la main d’un vêtement (le plus souvent un costume) dont le patronage a été spécialement dessiné pour vous et qui restera unique ad vitam aeternam.

D’ailleurs c’est pour faire valoir cet héritage et ce cahier des charges d’une précision extrême que les plus grandes maisons du Row se sont récemment regroupées en une association – la « Savile Row Bespoke Association », qui tente de protéger et de promouvoir (avec, par exemple, l’exposition « The London Cut » qui a été présentée en Italie et en France) ce savoir-faire ancestral unique.

Entrer dans une maison de Grande Mesure sur Savile Row, comme chez chez Anderson & Sheppard, chez Huntsmann ou chez Henry Poole, est un acte de conviction qui dépasse de très loin le « simple » sujet de vos moyens.

En effet, pour avoir « droit » au Bespoke de Savile Row, il faut posséder deux vertus qui ne sont généralement pas attribuées aux  personnes très aisées, voire fortunées : l’humilité et la patience…

Le salon Bespoke d’un Kilgour ou d’un Norton & Sons, est, en effet, un lieu particulièrement feutré, tout empreint de discrétion et de réserve, dans lequel la politesse (la vraie) est de mise et la patience élevée au rang d’art de vivre : patience pour attendre son tailleur, déjà occupé à un essayage avec un autre client, patience entre les 4 ou 5 essayages (plusieurs semaines), patience pour obtenir son costume fini (plusieurs mois).

En outre,  qui que vous soyez, prince, roturier, people, ex-trader ou simple homo sapiens élégant, vous serez tous traité de la même manière sur Savile Row. Vous vous sentirez tous égaux lorsque vous serez en slip et chaussettes livrés à la sagacité du maître-tailleur en train de mesurer, de retoucher, d’ajuster, de corriger et de mémoriser TOUS les détails de votre anatomie, même les moins avouables (notamment au niveau de la ceinture) ou ceux que vous ignoriez vous-mêmes (comme le fait, assez courant, d’avoir une épaule plus basse que l’autre ou un bras plus court que l’autre).

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans cette impression de grande jouissance intérieure lorsque vous portez, pour la première fois dans la vraie vie, un objet unique et discret dont vous êtes le co-auteur et que personne ne remarquera en tant que tel.

Un vieux proverbe sur Savile Row dit que si quelqu’un vous fait un compliment sur votre nouveau costume, c’est que votre tailleur aura fait un mauvais travail. Car sur le Golden Mile plus que partout au monde, l’understatement est “de rigueur” (en anglais dans le texte).

Dans le même ordre d’idée, le grand Jean Cocteau ne disait-il pas que « L’élégance s’arrête au moment ou on la remarque » ?

> La suite de l’article sur Parisian Gentleman

A voir également : Savile House by Scabal

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